Des Antilles à la Première Guerre mondiale :
Histoires du 2e Bataillon de construction et des soldats noirs
Sergent Edward Sealy (1876 – 1949):
L’unique sergent principal

Biographie
L’un des membres les plus âgés à s’être enrôlé dans le 2e Bataillon de construction était Edward Sealy. Né le 4 mars 1876 à la Barbade, fils de James Sealy et de son épouse Elizabeth (née Best), Edward fut le deuxième sergent nommé au sein du bataillon et se distingua par son sang-froid.
Edward Sealy est arrivé à St. John’s, à Terre-Neuve, le 30 juin 1914, à destination de Sydney, en Nouvelle-Écosse. Il a déclaré venir comme touriste et a indiqué qu’il était tonnelier. Le 18 juillet 1916, le recrutement pour le 2e Bataillon de construction a commencé. Trois jours plus tard, Sealy s’est enrôlé à Halifax ; seuls neuf hommes avaient rejoint l’unité avant lui.
Le service militaire était une tradition dans la famille d’Edward. Sealy avait servi pendant douze ans dans le West India Regiment, un régiment de l’armée britannique composé de soldats noirs originaires des Caraïbes et commandé par des officiers blancs. En 1916, son frère Adolphus était sergent dans la Trinidad Constabulary (la police de Trinité).
À la mi-août 1916, la caserne de Pictou du bataillon compte plus de 160 soldats. Une structure hiérarchique plus importante étant nécessaire pour gérer cet effectif, Sealy est promu sergent le 18 août 1916. Mesurant 5 pieds 11 pouces (1,80 m), Edward est plus grand que la plupart des recrues. Si sa taille l’aide sans doute à remplir les fonctions de son grade, son air calme et autoritaire y contribue tout autant. Lorsque le bataillon forme ses compagnies, Edward devient l’un des trois premiers sous-officiers de la compagnie A.
Le 22 janvier 1917, le bataillon envoie la première de ses deux compagnies pour démonter les voies ferrées des voies de garage de la National Transcontinental Railway (NTR) au Nouveau-Brunswick. Sealy est le seul sergent et le sous-officier le plus ancien, avec 114 hommes sous ses ordres ; il relève des lieutenants Livingston et Barnhill. Le détachement mène ses activités près de Napadogan, au nord de Fredericton. Les conditions de travail y sont les pires que le bataillon aura à affronter, car le CGR fournit des logements ferroviaires inadéquats et le personnel ne dispose pas de vêtements adaptés.
À l’arrivée du 2e Bataillon de construction en Angleterre en avril 1917, les grades sont modifiés. Sealy est nommé sergent par intérim avec solde le 17 mai, peu avant que le bataillon, dont les effectifs ont été réduits, ne parte pour la France. Ce n’est que le 21 septembre 1918 que ce grade est confirmé, conformément à la pratique militaire habituelle.
Le sergent Sealy passe tout son séjour en France, dans le Jura, près de la frontière suisse. En tant que sergent, il n’effectue aucun travail physique. Il est plutôt chargé de superviser le personnel de l’unité, d’assurer leur sécurité et de répondre aux besoins des soldats placés sous son commandement. Sealy est aussi le premier responsable de la discipline et assume les fonctions de sergent de service.
Un mois après la signature de l’armistice du 11 novembre 1918, le bataillon rentre en Angleterre. À la fin du mois de décembre, ses membres sont stationnés au centre de rapatriement canadien de Kinmel Park, au Pays de Galles, en attendant leur retour au Canada. C’est là que le sergent Sealy joue un rôle de premier plan lors d’un incident à caractère raciste qui a lieu le 7 janvier 1919.
Sealy conduit un groupe de soldats du 2e Bataillon de construction à un défilé de bain lorsqu’un sous-officier blanc entrave la progression du groupe. Sealy le fait arrêter, mais d’autres soldats blancs interviennent et une bagarre éclate. Un rapport au ton très raciste affirme par la suite que des membres du 2e Bataillon de construction sont responsables de l’incident.
Le 12 janvier 1919, Sealy et un important groupe de soldats du bataillon rentrent au Canada à bord du SS Empress of Britain. À leur arrivée à Halifax le 22 janvier, ils bénéficient d’une brève permission, puis reprennent leur service en vue de leur démobilisation.
Edward Sealy est démobilisé le 13 février 1919. Peu après, il obtient un emploi au sein des Chemins de fer nationaux du Canada en tant que porteur à bord des trains de voyageurs. Il occupera ce poste jusqu’à sa retraite. En 1921, le revenu d’Edward s’élevait à 900 $ par an. En 1931, son salaire était passé à 1 280 $. À titre de comparaison, il gagnait 1,50 $ par jour — soit 547,50 $ par an — en tant que sergent.
Le 10 juin 1920, Edward épouse Maria Richardson. Les jeunes mariés louent une maison au 153, rue Creighton, à Halifax. Un an après le décès de Maria, survenu le 1er octobre 1936, Sealy épouse Izie Dora White lors d’une cérémonie à l’église baptiste Cornwallis, à Halifax, le 15 octobre 1937. Il n’a eu d’enfant d’aucun de ses deux mariages. Edward Sealy s’éteint chez lui le 15 février 1949 et est enterré au cimetière Camp Hill, à Halifax.
Recensements
Le recensement est une institution qui rassemble tous les Canadiens. C’est l’un des principaux outils que par le gouvernement canadien utilise pour recenser et analyser la population à l’échelle nationale. Toutefois, les registres de recensement ne concordent pas toujours entre eux, car chaque recensement est réalisé par des personnes différentes à des moments différents, parfois en utilisant de nouvelles catégories et de nouvelles normes pour la collecte des données. Même si leur exactitude peut parfois être remise en question, ces documents offrent un aperçu de la population du pays. Il est important de garder à l’esprit qu’il s’agit de documents historiques influencés par les mentalités et les normes de l’époque.
Documents complémentaires
Le soldat Sydney David (1889-1918) est mort en service le 10 novembre 1918. Une commission d’enquête a été constituée à Jura le 13 novembre 1918, en présence de témoins du 2e Bataillon de construction. Le compte rendu des délibérations de la commission d’enquête, auquel a participé Edward Sealy en tant que témoin, figure aux pages 49 à 58 du dossier militaire de David.
Les chercheurs du Toronto Ward Museum ont consulté ces documents supplémentaires afin de compléter l’histoire d’Edward Sealy. Certains documents ne concernent pas directement le soldat, mais ils permettent de mieux comprendre qui il était. Quelles autres sources d’information consulteriez-vous si vous souhaitiez en savoir plus ?
Renseignez-vous sur Izie Dora White et sur la fille de William Andrew White, la chanteuse Portia May White, auprès de Parcs Canada.
Apprenez-en davantage sur William Andrew White au site Web de L’Encyclopédie canadienne.

