Des Antilles à la Première Guerre mondiale :
Histoires du 2e Bataillon de construction et des soldats noirs
Soldat William Gale (1878 – 1954) : Un homme qui aime travailler fort

Biographie
William Gale est né le 4 septembre 1878 à Falmouth, dans la paroisse de Trelawny, en Jamaïque, fils de William Gale, père. Le nom de sa mère est inconnu. On ne dispose d’aucune autre information sur les premières années de William, mais les archives disponibles indiquent qu’il est entré aux États-Unis via New York en 1904.
William s’enrôle dans le 2e Bataillon de construction à Montréal, au Québec, le 16 septembre 1916. Il habite alors au 183, rue Inspector et déclare exercer le métier de « forgeron ». Il mesure 1,70 mètre, est âgé de 38 ans, a les yeux et les cheveux foncés et un teint « de couleur ». William a d’abord déclaré être célibataire et a désigné sa sœur, Margaret Gale, de Falmouth, en Jamaïque, comme sa plus proche parente. Toutefois, cette mention a été modifiée par la suite pour attribuer ce rôle à « Caroline Gale » (épouse), 200, rue Metcalfe, Ottawa.
Après s’être enrôlé, William se présente au quartier général du 2e Bataillon de construction, à Truro, en Nouvelle-Écosse. C’est là, pendant sa formation, qu’il fait la connaissance de Dona Caroline Bonotra, originaire de Ceylan (Sri Lanka). Le couple se marie à l’église baptiste de Cornwallis Street, à Halifax, le 1er janvier 1917, puis retourne à Truro, où William continue sa préparation en vue d’un service outre-mer.
William met le cap sur le Royaume-Uni avec le 2e Bataillon de construction en avril 1917, puis se rend en France à la mi-mai. Il sert dans le district du Jura du Corps forestier canadien jusqu’au 30 décembre 1917, date à laquelle il rejoint le 1er district, à Alençon, avec un détachement d’hommes du 2e Bataillon de construction. La plupart sont originaires des Antilles britanniques et les responsables craignent que les dures conditions hivernales dans les montagnes du Jura ne nuisent à leur santé.
Si l’on ignore les détails des fonctions exercées par William à Jura et à Alençon, ses compétences de forgeron lui sont certainement utiles dans ces deux endroits, car les chevaux sont largement utilisés dans les activités d’exploitation forestière du Corps forestier. Fin août 1918, il obtient une permission de deux semaines au Royaume-Uni et se voit décerner un insigne de bonne conduite au début du mois suivant.
Le 12 décembre 1918, le soldat Gale et ses camarades du 2e Bataillon construction regagnent le Nova Scotia Regiment Depot, à Bramshott. À la fin du mois de décembre, les hommes se rendent dans un camp de rapatriement situé à Rhyl, au Pays de Galles. Le 12 janvier 1919, l’unité embarque à bord du SS Empress of Britain et part pour Halifax. À son arrivée au port après un voyage de dix jours, William se rend en train à Montréal, où il est libéré de ses obligations militaires le 13 février 1919.
Le soldat William Gale a servi pendant 29 mois au total, dont 20 passés en France. Il a reçu une prime de guerre de 100 $, dont une partie a été envoyée à son épouse Dona, qui vivait au 141, rue Lusignan, à Montréal. Au moment du recensement canadien de 1921, le couple s’était installé au 1014, rue St. James. Outre William et Dona, le foyer des Gale comptait un fils de trois ans, « William F. A. », qui ne figure pas dans les registres ultérieurs. Il s’agissait peut-être du premier-né de William et Dona, Thamis William Ebert, né le 2 janvier 1921, à Montréal.
Un deuxième fils, Frederick Carolis Develion Gale, est né à Montréal le 4 juillet 1924. Cinq semaines avant la naissance de Frederick, le 24 mai 1924, William était entré aux États-Unis par Détroit, déclarant être âgé de 45 ans et ouvrier. Il prévoyait de séjourner chez un ami, William Duke, qui travaillait dans une aciérie, et comptait obtenir le statut de résident permanent. À cette époque, sa femme Caroline habitait l’avenue Glengarry, à Windsor, en Ontario.
Malgré le séjour de William à Détroit, le couple retourne à Montréal, où Frederick est baptisé le 8 février 1925. Au moment du recensement canadien de 1931, la famille habite au 799a, rue Marmette. Bien que William ait déclaré être employé par le « Service municipal des travaux publics », il n’indiqué aucun revenu pour l’année précédente. En réponse à la question « Pourquoi n’êtes-vous pas au travail ? », la mention « Sans emploi » figure sur le formulaire, ce qui laisse supposer que William avait été mis à pied en raison des répercussions de la Grande Dépression.
William Gale meurt le jour de la Saint-Valentin en 1954 et est inhumé au Champ d’honneur national, à Pointe-Claire, au Québec, un cimetière réservé aux anciens combattants.
Thamis, le fils de William, a servi comme opérateur des transmissions dans l’armée canadienne de 1940 à 1945 et a ensuite joué un rôle déterminant dans la recherche des noms des hommes qui ont servi au sein du 2e Bataillon de construction. Avant son décès en 1991, il a rassemblé 1 300 noms provenant de diverses sources. Tout comme son père, Frederick est également enterré au Champ d’honneur national, mais son parcours militaire n’a pu être reconstitué.
Recensements
Le recensement est une institution qui rassemble tous les Canadiens. C’est l’un des principaux outils que par le gouvernement canadien utilise pour recenser et analyser la population à l’échelle nationale. Toutefois, les registres de recensement ne concordent pas toujours entre eux, car chaque recensement est réalisé par des personnes différentes à des moments différents, parfois en utilisant de nouvelles catégories et de nouvelles normes pour la collecte des données. Même si leur exactitude peut parfois être remise en question, ces documents offrent un aperçu de la population du pays. Il est important de garder à l’esprit qu’il s’agit de documents historiques influencés par les mentalités et les normes de l’époque.
Documents complémentaires
Les chercheurs du Toronto Ward Museum ont consulté ces documents supplémentaires afin de compléter l’histoire de William Gale. Certains documents ne concernent pas directement le soldat, mais ils permettent de mieux comprendre qui il était. Quelles autres sources d’information consulteriez-vous si vous souhaitiez en savoir plus ?

