Des Antilles à la Première Guerre mondiale :

Histoires du 2e Bataillon de construction et des soldats noirs

Caporal Henry Isaac Phills (1896 – 1985) :

Un héritage marqué par le dévouement, la force et la famille

Isaac Phills with Order of Canada medal, looking at his First World War portrait, n.d., newspaper clipping, courtesy of Kathy Grant.
Isaac Phills with Order of Canada medal, looking at his First World War portrait, n.d., newspaper clipping, courtesy of Kathy Grant.

Biographie

Henry Isaac Phills était un Canadien travailleur et sûr de lui. Au cours de sa vie, il a surmonté le racisme et la discrimination, a travaillé dans des environnements où il n’était pas le bienvenu, est devenu un ancien combattant et un travailleur dans une aciérie, a subvenu aux besoins de sa famille et a été le premier homme noir à être décoré de l’Ordre du Canada.

Henry Isaac Phills est né dans la pauvreté à Prospect, Saint-Vincent-et-les Grenadines, dans les Antilles britanniques, le 11 janvier 1896, fils de Henry et Elvira (Edwards) Phills. Isaac a terminé sa formation d’« agriculteur » dans son île natale avant d’immigrer au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, en 1916. Comme il n’avait pas la possibilité de mettre ses compétences à profit, il a trouvé un emploi à l’aciérie de la Dominion Steel and Coal Corporation (DOSCO) à Sydney.

La Première Guerre mondiale est bien engagée au moment de l’arrivée d’Isaac. Au cours des premières années, les recruteurs militaires disent à la plupart des volontaires noirs : « Nous ne voulons pas de vous. C’est une guerre des Blancs. » Alors que les combats entraient dans sa troisième année, les unités canadiennes à l’étranger connaissent des pénuries de main-d’œuvre, laissant au gouvernement fédéral peu d’autre choix que d’imposer la conscription.

Au cours de l’été 1917, le Parlement canadien adopte la Loi du service militaire, permettant au gouvernement de mettre en œuvre la conscription plus tard cette année-là. Isaac dira plus tard : « À ce moment-là, ils étaient prêts à recruter n’importe qui…. [Ils] ont pris des Noirs et des Blancs. Vous n’aviez pas le choix — vous étiez obligés d’y aller. »

Au début de novembre 1917, Isaac subit un examen médical obligatoire à Sydney. Le 22 mai 1918, il est enrôlé dans l’armée au même endroit et se rend au camp Aldershot, en Nouvelle-Écosse, où il suit un entraînement d’infanterie aux côtés de conscrits blancs. Il part pour l’étranger à la mi-août 1918 et est « pris en charge » par le 17e Bataillon de réserve (Nouvelle-Écosse) à Aldershot, en Angleterre, le 18 août.

Après un séjour obligatoire de quatre semaines dans un camp d’isolement, une mesure de précaution destinée à prévenir la propagation de maladies transmissibles comme les oreillons, Isaac rejoint les rangs du 17e. À ce moment-là, il y a peu de chances d’un transfert en France. Le 15 novembre, Isaac est affecté au dépôt de la base du Corps forestier canadien, à Sunningdale.

Pendant son séjour en Angleterre, Isaac est promu au grade de caporal. Transféré au Canadian Discharge Depot (CDD), à Rhyl, au Pays de Galles, à la mi-décembre, il est affecté à Kinmel Park, au Pays de Galles, le jour de l’An 1919. Isaac y passe un mois avant de retourner au CDD. Le 14 juin 1919, il part pour le Canada à bord du paquebot HMT Aquitania et arrive à Halifax six jours plus tard. Il est officiellement libéré du service militaire avant la fin du mois.

Isaac reprend son emploi à l’aciérie de Sydney, où il travailla jusqu’à sa retraite en 1963. Pendant ce temps, Isaac soutient sa femme, Mary Isabel Alda Brereton, qu’il a épousée en 1924, et leurs sept enfants – quatre fils et trois filles. Isaac et Mary Isabel attachent beaucoup d’importance à l’éducation. Avec le soutien et les encouragements de leurs parents, les enfants Phills mènent des carrières dans le ministère religieux et en médecine ainsi que dans les domaines de la chimie, l’enseignement et des soins infirmiers. Plusieurs font des études supérieures.

Isaac est aussi très impliqué auprès de sa communauté. Membre et chef de file de l’Église anglicane Saint-Alban et trésorier de l’Ethiopian Community Club, il soutient activement la Société canadienne du cancer et la Croix-Rouge canadienne.

Lors des célébrations du centenaire du Canada en 1967, Isaac se voit décerner la plus haute distinction civile du pays lorsqu’il est nommé membre de l’Ordre du Canada, en reconnaissance de son dévouement envers sa famille et sa communauté. La citation officielle salue Isaac de la façon suivante : « Travailleur de la sidérurgie au Cap-Breton. Citoyen d’origine antillaise qui a élevé une famille nombreuse et, malgré de nombreuses difficultés, a donné à ses enfants une bonne éducation et un bon départ dans la vie, et ainsi donné un bel exemple au reste de la collectivité. » Isaac est la première personne d’ascendance africaine à recevoir cette reconnaissance.

Dans les dernières années de sa vie, Isaac déménage à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse. En 1981, il est membre d’un comité qui organise les retrouvailles d’anciens combattants noirs de la Première Guerre mondiale. L’événement réunit des membres du 2e Bataillon de construction ainsi que des hommes ayant servi au sein d’autres unités du Corps expéditionnaire canadien.

Henry Isaac Phills s’éteint à l’hôpital Dartmouth General Hospital le 9 mars 1985, laissant un legs marqué par le travail acharné et le service communautaire.

Autres résultats de recherche

Corporal Henry Isaac Phills (1896 – 1985): A Legacy of Service, Strength, and Family

Emberlee Stowe. "Henry Isaac Phills". Mixed Media. 2026.
Emberlee Stowe. "Henry Isaac Phills". Mixed Media. 2026.

Recensements

Le recensement est une institution qui rassemble tous les Canadiens. C’est l’un des principaux outils que par le gouvernement canadien utilise pour recenser et analyser la population à l’échelle nationale. Toutefois, les registres de recensement ne concordent pas toujours entre eux, car chaque recensement est réalisé par des personnes différentes à des moments différents, parfois en utilisant de nouvelles catégories et de nouvelles normes pour la collecte des données. Même si leur exactitude peut parfois être remise en question, ces documents offrent un aperçu de la population du pays. Il est important de garder à l’esprit qu’il s’agit de documents historiques influencés par les mentalités et les normes de l’époque.

Documents complémentaires

Les chercheurs du Toronto Ward Museum ont consulté ces documents supplémentaires afin de compléter l’histoire de Henry Isaac Phills. Certains documents ne concernent pas directement le soldat, mais ils permettent de mieux comprendre qui il était. Quelles autres sources d’information consulteriez-vous si vous souhaitiez en savoir plus ?