Des Antilles à la Première Guerre mondiale :

Histoires du 2e Bataillon de construction et des soldats noirs

Sergent-fourrier de compagnie George Frederick Alberga (1892 – 1960): L’atteinte de l’excellence dans les domaines universitaire et militaire

"McGill Track Team (George Frederick Alberga in back row, second from the left)" 1915, In Old McGill Nineteen-Fifteen, Volume XVIII, p. 250, Montreal : McGill University, 1915.
"McGill Track Team (George Frederick Alberga in back row, second from the left)" 1915, In Old McGill Nineteen-Fifteen, Volume XVIII, p. 250, Montreal : McGill University, 1915.

Biographie

Lorsque le Canada a demandé à ses hommes de prendre les armes pendant la Première Guerre mondiale, beaucoup ont répondu, même des personnes que ce dominion britannique n’attendait pas. Après une vague de protestations, le 2e Bataillon de construction a été formé en tant qu’unité distincte non combattante dans l’armée canadienne pour accueillir environ 800 hommes noirs de partout au Canada souhaitant servir leur pays. George Fredrick Alberga figurait parmi les recrues.

George est né à Black River, en Jamaïque, dans les Antilles britanniques, le 29 avril 1892, de George Frederick père et d’Ellen Alberta (Samms) Alberga. L’aîné des enfants du couple, George est devenu le frère d’Albert Miller Alberga deux ans plus tard. Six autres enfants – trois garçons et trois filles – se sont ajoutés à la famille avant la mort de George Frederick père en septembre 1907. Le printemps suivant, Ellen a donné naissance à un sixième fils.

Le 14 septembre 1911, George arrive à New York en route pour le Canada, où il s’inscrit à l’Université McGill, à Montréal, au Québec. Il est vite reconnu comme un érudit et un athlète. En 1913, George remporte le troisième prix en mathématiques au cours de sa deuxième année comme étudiant en sciences appliquées. Il est aussi membre de l’équipe d’athlétisme de l’Université McGill en 1915, se classant parmi les trois premiers dans une course. George et son frère Albert obtiennent ensuite un baccalauréat ès sciences en génie civil la même année, et tous deux sont inscrits au tableau d’honneur de McGill.

Albert est le premier à s’enrôler pour servir dans la Grande Guerre, et il se joint au 2e Bataillon de construction à Montréal le 8 septembre 1916. George suit trois semaines plus tard et signe feuilles d’engagement à Truro, en Nouvelle-Écosse, le 10 octobre 1916. Cette unité ségréguée fait partie du Corps expéditionnaire canadien (CEC), où elle s’attend à effectuer des tâches de soutien en main-d’œuvre et en ingénierie.

Durant les six mois qu’il passe au Canada, George obtient plusieurs promotions. Le lendemain du jour où il a rempli ses papiers d’attestation, il a été promu caporal. Six jours plus tard, il accède au grade de sergent et est nommé sergent-major de compagnie par intérim – le deuxième grade de sous-officier le plus élevé du Corps expéditionnaire canadien – le 20 octobre 1916.

George et ses compagnons du 2e Bataillon de construction quittent Halifax à bord du SS Southland le 25 mars 1917 et arrivent au Royaume-Uni le 7 avril 1917. Pour profiter de cette occasion de servir sur le continent européen, George passe d’officier à militaire et atterrit en France avec un important contingent du 2e Bataillon de construction le 17 mai 1917.

Le lendemain, George est de nouveau promu au grade de sergent. Il se rend avec ses camarades dans le district du Jura du Corps forestier canadien (CFC), près de la frontière franco-suisse, où le personnel du 2e Bataillon de construction commence à travailler aux côtés de trois compagnies du CFC, participant à toutes les facettes de leurs activités de récolte et de transformation du bois.

George sert dans le district du Jura jusqu’au 30 décembre 1917, date à laquelle lui et un groupe de ses camarades du 2e Bataillon de construction sont transférés au district n° 1 du CFC, à Alençon, en Normandie. Beaucoup d’entre eux sont originaires des Caraïbes et peu habitués aux conditions hivernales du Jura. Les préoccupations des responsables médicaux concernant leur santé entraînent leur transfert dans une région de France où le climat est plus clément.

Le 10 septembre 1918, George est promu au grade de sergent-major de compagnie par intérim. Deux semaines plus tard, il retourne dans le Jura, où il passe le reste de son séjour en France. Le 14 décembre 1918, il accompagne ses camarades du 2e Bataillon de construction au Royaume-Uni, où ils préparent leur retour au Canada.

George quitt le Royaume-Uni à bord du SS Baltic le 29 janvier 1919 et est libéré du service militaire à Montréal un mois plus tard. George donne comme adresse « Strathcona Hall », l’un des plus anciens bâtiments du campus de McGill. Au moment du recensement canadien de 1921, lui et son frère Albert vivent dans un appartement de la rue Guy, situé dans le quartier Saint-Joseph de Montréal. George indique qu’il exerce le métier d’ingénieur civil, tandis qu’Albert travaille comme agent d’assurance.

En octobre 1922, George se rend à New York, puis part pour la Jamaïque. Le 1er octobre 1924, il épouse Agnes Emily Hamilton, originaire de Torpichen, Linlithgow, en Écosse. Quatre enfants, dont une paire jumeaux fraternels, se joignent à la famille Alberga au cours des six années suivantes. Quelque temps après la naissance de leur plus jeune enfant en 1930, George et Agnès semblent s’être séparés.

En janvier 1932, George retourne à New York, où il épouse Vivian McCreath, originaire des Antilles, à l’église St. Martina, le 27 juillet 1935. Plus tard, le couple accueille un fils dans leur maison. Au moment du recensement de 1950 aux États-Unis, George et Vivian vivent à Manhattan, dans l’État de New York. George Frederick Alberga s’éteint à Toronto, en Ontario, le 22 mars 1960. Sa dernière demeure est inconnue.

Autres résultats de recherche

Company Quarter Master Sergeant George Frederick Alberga (1892 – 1960): Reaching Academic and Military Heights

Emberlee Stowe. "George Frederick Alberga". Mixed media, 2026.
Emberlee Stowe. "George Frederick Alberga". Mixed media, 2026.pany Quarter Master Sergeant George Frederick Alberga (1892 - 1960).

Recensements

Le recensement est une institution qui rassemble tous les Canadiens. C’est l’un des principaux outils que par le gouvernement canadien utilise pour recenser et analyser la population à l’échelle nationale. Toutefois, les registres de recensement ne concordent pas toujours entre eux, car chaque recensement est réalisé par des personnes différentes à des moments différents, parfois en utilisant de nouvelles catégories et de nouvelles normes pour la collecte des données. Même si leur exactitude peut parfois être remise en question, ces documents offrent un aperçu de la population du pays. Il est important de garder à l’esprit qu’il s’agit de documents historiques influencés par les mentalités et les normes de l’époque.

Documents complémentaires

Les chercheurs du Toronto Ward Museum ont consulté ces documents supplémentaires afin de compléter l’histoire de George Frederick Alberga. Certains documents ne concernent pas directement le soldat, mais ils permettent de mieux comprendre qui il était. Quelles autres sources d’information consulteriez-vous si vous souhaitiez en savoir plus ?

Dans l’Annuaire de McGill de 1914, George Frederick Alberga figure à la page 175, parmi les étudiants de la promotion 1915 en sciences. Il apparaît également à la page 254 comme membre de l’équipe d’athlétisme.

Dans l’Annuaire de McGill de 1915, George Frederick Alberga figure à la page 147 parmi les diplômés de la faculté des sciences. Il apparaît également aux pages 250 et 251 en tant que membre de l’équipe d’athlétisme.

En 1926, l’Université McGill a publié un ouvrage commémoratif en l’honneur de ceux qui ont servi pendant la Première Guerre mondiale. Les frères Alberga figurent en haut de la page 100.